Premiers pas dans le Tian Shan

Je déambule maintenant dans les rues d’Almaty, l’ancienne capitale Kazakhe dont le nom signifie « Riche en Pomme ». Cette ville, dont l’histoire remonte à l’âge de bronze fut un centre commercial de la route de la soie ! Initialement connue sous le nom de « Verniy », elle fut rebaptisée « Alma-Ata » (Le Grand père de la Pomme) en 1921 sous le règne soviétique ! Ville assez verte, il y a de nombreux arbres et parcs, ce qui permet de se mettre un peu à l’ombre lorsqu’il fait 40°C en milieu d’après midi !

Je suis aux portes du Tian Shan, littéralement « Montagnes Célestes », c’ est un important système montagneux qui traverse l’Asie centrale, passant entre le Kazakhstan, le Kirghizstan et qui se termine dans le désert du Takla Makan, en Chine. Long de 2500 km et large de 350/400 km le plus haut pic (Pobedy) culmine à 7439m. Au pied de ce massif de montagnes se trouvent de nombreuses villes étapes et Oasis de la route de la soie dont Almaty fait partie.

Le jardin d’Eden retrouvé !

Cette ville fut baptisée « Alma-Ata » en raison de la profusion de pommiers dans cette région du Kazakhstan. Un biologiste russe émet en 1921 l’hypothèse que l’origine de ce fruit soit Kazakhe ! Ce qui est aujourd’hui prouvé par la science ! Navré d’apprendre cela aux éventuels Normands qui passeraient par là…

Il existe donc une incroyable quantité de variété issue d’une multitude de croisement génétique au fils des siècles ! Ce patrimoine reste en danger malgré les efforts de scientifiques et d’associations pour le protéger ! Triste, sachant qu’en plus la grande majorité des pommes vendues à Almaty sont importées de Chine et sont à peine mangeables, farineuses, sans goût…

 En savoir plus? 

Une ville déconnectée de la réalité

Almaty est une ville tout ce qu’il y a de plus moderne vous y trouverez tout ce que vous voulez même si vous êtes habitué au luxe des villes européennes. Marquée par son passé soviétique, on ne peut pas dire que l’architecture grise et carrée des principaux bâtiments et des nombreuses fontaines soit des plus belles, mais malgré tout on s’y sent agréablement bien et ça donne le côté « typique » à cette ville.

Almaty c’est la ville où les voitures s’arrêtent lorsqu’un piéton traverse sur le passage qui lui est réservé (c’est assez surprenant après 2 mois de voyage !), c’est aussi un lieu où, dans les transports,  les jeunes laissent SYSTEMATIQUEMENT leur place aux personnes plus âgées! Pour finir, c’est une ville très vivante et bien qu’un peu chère il est tout de même possible de sortir manger sans se ruiner (mais en dépassant parfois un petit peu son budget…).

Bref, l’arrivée en Asie centrale se fait en douceur, pas de franche rupture avec nos habitudes occidentales pour l’instant (si ce n’est l’agréable politesse dans les transports ! Ami « transilien » si tu me lis, c’est aussi un peu grâce à toi que j’ai tout quitté… sans rancune ! ). Même si bien sûr les paroles, les écrits et les bâtiments me font me sentir ailleurs ! Cette ville occidentalisée semble toutefois déconnectée de la réalité du reste du Kazakhstan que j’ai aperçu à travers les vitres du train…

Fort heureusement en voyage, lorsque vous n’êtes pas trop dépaysé, ça ne dure généralement pas… Revenons sur le voyage en train. Durant celui-ci, j’ai fais la connaissance de Kayrat, un Kazakh qui travaille comme responsable commercial pour une société de parfum en développement ! Très sympathique, il nous a proposé, à Philippe, Yogo et moi de nous héberger durant notre séjour à Almaty !

Kayrat vit chez un de ses amis, à 30 km du centre d’Almaty, au bout d’un petit chemin, aux pieds des premières collines qui débouchent sur les montagnes du Tian Shan. Dans la maison où nous sommes hébergés, il n’y a pas d’eau courante (sauf un robinet au fond du jardin !) et l’électricité est souvent coupée pour cause de travaux ! MAIS, dans le jardin de cette maison aux allures rudimentaires, il y a un sauna privatif en parfait état de marche, il suffit d’allumer un feu de bois pour le mettre en route ! Bien que je ne sois pas fan de ce genre d’attractions, il sera plaisant de s’en servir une fois ou deux, simplement pour le coté atypique de l’activité ! 

Je passe plus de temps que prévu à Almaty, la ville est très sympathique et j’y ferais la connaissance de plusieurs personnes. J’aurais l’occasion d’être hébergé par d’autres hôtes dont Steven et Saule, un couple qui à décidé de vivre autant que possible en autosuffisance et que j’aiderais dans l’entretien de leur jardin et dans la conception de leur douche avec retraitement phytosanitaire de l’eau, Gulnara et ses colocataires et pour finir Andrey & Lena !

Après quelques jours supplémentaires en ville, je décide de partir en trek dans ces majestueuses montagnes qui composent l’arrière paysage de la ville. Un ami d’Andrey, Génia, souhaite m’accompagner jusqu’au Big Almaty lake !

Le lendemain, dans la matinée, nous quittons la ville en bus pour démarrer le trek ! Nous descendons du bus à une dizaine de kilomètre du Big Almaty et commençons à marcher ! Les premiers kilomètres dans la vallée ne sont pas très intéressants, nous suivons une route où le paysage montagneux est sympa, mais sans plus et les abords de la route sont jonchés de détritus laissés par les familles qui viennent par centaines pique-niquer dans le coin !  Nous essayons de faire du stop pour rejoindre au plus vite les endroits les plus sympathiques à voir ! Après deux heures et trente minutes de marche une voiture s’arrête et la conductrice accepte de nous conduire plus haut sans contrepartie financière !

  Le lac se trouve dans les montagnes du Tian Shan qui séparent le Kazakhstan sur Kirghizstan, du coup de nombreux militaires y contrôlent les allées et venues des gens autour du lac et il est normalement interdit d’y dormir. La conductrice nous conduit finalement plus haut que le lac, directement au poste de garde des militaires et nous y présente pour que nous ne soyons pas ennuyés. Elle nous obtient même le droit de dormir sur place, alors que c’est interdit en temps normal, et heureusement puisque nous avions prévu de dormir dans les environs ce soir !

 

Nous sommes donc arrivé très… non… trop facilement au lac, et comme toujours lorsque l’on ne fourni aucun effort pour obtenir quelque chose, on le trouve plutôt moyen… A moitié vide, les abords sont bétonnés du côté route, ce lac sert maintenant de réservoir d’eau potable pour la ville et des gardes sont là pour vous empêcher d’approcher l’eau… Il n’en reste pas moins très beau. Je suis juste un peu déçu.

Pour profiter de la journée et du paysage, nous décidons de grimper sur l’une des collines toutes proches. Nous prenons un rapide repas et discutons pour choisir où grimper, j’aperçois de la neige au sommet de l’une d’entre elles ! Génia décide de s’aventurer sur une autre. Nous nous séparons ! Mauvaise idée vous dites ? 

J’ai abordé l’escalade de cette colline du mauvais côté, la pente est abrupte et jonché de pierres, le sol n’est pas stable du tout, une grosse pierre se dérobe même sous mes pieds, je me rattrape de justesse dans un buisson ! Mais une fois commencé, impossible de faire demi-tour, plus qu’à grimper, alors que je prends déjà beaucoup de précautions pour ne pas tomber, entrainé par mon sac à dos, j’aperçois des tiques dans l’herbe ! J’ai été mis en garde par Génia contre ces insectes porteur d’une maladie : « L’encephalite à tique » contre laquelle je ne suis pas vacciné ! Je rentre mon pantalon dans mes chaussettes et continue l’ascension ! Avec 20 kg sur le dos celle-ci prend du temps, beaucoup plus que prévu et alors que je suis arrivé à la moitié, il se met à pleuvoir… la pluie se transforme en  neige fondue, puis en neige bien ferme lorsque j’arrive au sommet !

Je passe une vingtaine de minutes au sommet, et le temps change… en pire ! Démarre une sorte de blizzard, je ne vois presque plus rien, résultat je décide d’amorcer la descente de l’autre coté de la colline pour rejoindre une route par une piste plus douce que celle empruntée pour la montée ! Lorsque j’arrive en bas, je rejoins le lieu où j’ai quitté Génia, mais il est introuvable ! Il tombe des trombes d’eau, je pense alors qu’il a rejoint le lieu de camping que les militaires nous ont indiqué, en contrebas, plus proche de lac. Je m’y rends en vain, il reste introuvable ! Je me doute alors qu’il a du essayer de me retrouver alors que j’étais moi-même perdu dans le brouillard, et qu’il y est probablement maintenant !

Après 45 minutes de recherche mutuelle sous une pluie d’une rare intensité, je le retrouve alors qu’il redescend de la colline ! Il est maintenant 18h00 environ, nous somme ARCHI-trempés, fatigués et le temps ne semble pas aller en s’améliorant, nous décidons de rentrer en ville lorsqu’Andrey appelle Génia pour lui demander si l’on souhaite qu’il vienne nous chercher parce que la météo n’annonce pas d’amélioration avant le surlendemain… Un grand merci à lui pour cette info et pour son aide !

Je rentre à Almaty, tant pis pour cette fois, grosse déception, mais on retentera ! En attendant je décide de quitter le Kazakhstan un peu en avance pour aller retrouver le soleil au Kirghizstan, sur les rives du Lac Issyk Kul…

 

Elias Écrit par :

2 commentaires

  1. août 15
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    Tu as oublié de parler des transports de bétail humains et de souligner que tu es comment dire… plus grand que tous les kazakh. Du coup, les transport n’était pas de tout repos 🙂 surtout quand il y a 30 km à faire.

    Sinon, quelle aventure pour aller au lac!

    • août 15
      Répondre

      Effectivement, j’ai oublié de parler de ça! C’est pas faute de l’avoir vécu pourtant…
      Un Mashroutka, ou comment transformer un renault espace en minibus pouvant accueillir 25 personnes debout, ou presque!

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